Chronique FabienR. 12-oct-2020

Partager

Chronique d’Écologie intégrale tous les lundis sur Radio Espérance.

Acronyme EI : Écologie Intégrale ; FT: Frattelli Tutti

Chronique d’écologie intégrale du lundi 12/10/2020/

Fratelli tutti 1.

L’encyclique Fratelli tutti du Pape François est signée le 3 octobre 2020 est un texte qui se situe dans la perspective pastorale générale du Saint Père. Cela est bien visible dans les références en note qui citent abondamment EG et LS comme il le fait déjà dans QA. C’est de nouveau un texte imposant de 286 paragraphes répartis en 8 chapitres qui est livré à notre méditation. Comme à son habitude et dans la lignée de ses prédécesseurs directs François prend le temps de nous partager sa réflexion. Dans le concert des commentaires qui ne manque pas de s’organiser dans les médias, je voudrais mettre en valeur en quoi ce texte s’inscrit bien dans le programme de l’EI. D’abord le paragraphe 6 précise que FT est une encyclique sociale. Elle s’inscrit donc après LS dans la tradition de la DSE. Ensuite, comme je l’ai indiqué la semaine dernière ce thème de la fraternité universelle est un thème franciscain qui prolonge l’appel du pape François à recevoir Saint François d’Assise comme modèle pour l’EI. Ensuite l’EI est, je le rappelle, la vision anthropologique qui pense l’habitation de la planète terre comprise comme maison commune selon les 4 relations fondamentales que sont le rapport à Dieu, à soi, aux autres et à toutes les créatures. Ici la perspective est claire et explicite, c’est une encyclique consacrée au rapport aux autres : Je cite le paragraphe 2 en entier : « Ce Saint de l’amour fraternel, de la simplicité et de la joie, qui m’a inspiré l’écriture de l’encyclique Laudato si´,me pousse cette fois-ci à consacrer la présente nouvelle encyclique à la fraternité et à l’amitié sociale. En effet, saint François, qui se sentait frère du soleil, de la mer et du vent, se savait encore davantage uni à ceux qui étaient de sa propre chair. Il a semé la paix partout et côtoyé les pauvres, les abandonnés, les malades, les marginalisés, les derniers. » Ce paragraphe situe bien le propos par rapport au contexte général. Comme dans LS le pape se livre à un essai de critique des fondements historique d’une situation dans laquelle la fraternité interhumaine est mise en péril. On y retrouve les mêmes élans que dans le chapitre 3 de LS dans lequel il critiquait les causes humaines de la crise écologique : la critique de la raison instrumentale et des représentations de l’humanité et de la société issue de la Modernité. En d’autres termes, le principal adversaire du pape François est bien l’individualisme : je cite le paragraphe 12 qui est sans appel : « Plus que jamais nous nous trouvons seuls dans ce monde de masse qui fait prévaloir les intérêts individuels et affaiblit la dimension communautaire de l’existence. Il y a plutôt des marchés où les personnes jouent des rôles de consommateurs ou de spectateurs. »

Le pape François met en pratique certains des principes élaborés dans EG et dans LS comme par exemple le tout est lié issu de la pensée écologique scientifique quand il dit : « Protéger le monde qui nous entoure et nous contient, c’est prendre soin de nous-mêmes. Mais il nous faut constituer un ‘‘nous’’ qui habite la Maison commune. » au § 17. Il convoque même le thème de la protection de la planète en dénonçant les sophismes libéraux qui visent à détourner l’attention, toujours au même § 17 : « Bien souvent, les voix qui s’élèvent en faveur de la défense de l’environnement sont réduites au silence ou ridiculisées, tandis qu’est déguisé en rationalité ce qui ne représente que des intérêts particuliers. » Ce faisant le pape montre bien que l’écologie est bien un enjeu de fraternité humaine ! François précise que l’encyclique a été rédigée avant la crise sanitaire mais il a quand même réussi à introduire quelques réflexions à son sujet et il a pu constater qu’elle a été source de prises de conscience de la nécessité d’une solidarité renouvelée dans laquelle le principe du tout est lié est bien présent, comme au § 33 : « La douleur, l’incertitude, la peur et la conscience des limites de chacun, que la pandémie a suscitées, appellent à repenser nos modes de vie, nos relations, l’organisation de nos sociétés et surtout le sens de notre existence. » Parmi les thématiques qui reviennent et que le pape reprend pour les préciser en fonction du thème de l’encyclique, se trouve le développement intégral de la personne humaine. Nous découvrons ainsi que cette